Eurovision 2022 : L’Ukraine mérite de remporter la victoire sur tous les « chants »

Article written by Aleksandra Urbanek, in French and English.

Image by Nachrichten_muc on Pixabay

Eurovision 2022 : L’Ukraine mérite de remporter la victoire sur tous les « chants »

Et cela malgré le mécontentement d’une partie du public. Les voix qui soulignent l’aspect politique et moral de la victoire du groupe ukrainien Kalush Orchestra sont nombreuses. Les artistes ont reçu les fameux 12 points des téléspectateurs de 28 pays sur 40 le soir du 14 mai lors de la grande finale de la 66ème édition du Concours Eurovision de la chanson. « Ce sont les réfugiés qui ont voté », disent les uns. « Et alors ? Il y a des choses plus importantes que le résultat final », répondent les autres.

Un de perdu, deux de retrouvés

Mais commençons par le début. Après la victoire du groupe de rock Måneskin en 2021, le célèbre concours suivi chaque année par plus de 200 millions de téléspectateurs a eu lieu les 10, 12 et 14 mai 2022 à Turin, en Italie. 40 pays en lice dont le Monténégro – deux ans de pause faute d’argent et de résultats satisfaisants, et l’Arménie – après un an d’absence due à la crise politique, qui sont entrés à nouveau en compétition.

La décision de l’Union européenne de radio-télévision (UER) d’exclure la Russie a éveillé un grand débat sur la question de neutralité politique du concours. Mais est-ce possible de rester séparé des événements actuels lorsque nous parlons de l’invasion d’un pays par un autre ? Le directeur général de l’UER, Noel Curran, a commenté cette décision en soulignant qu’il s’agissait d’un ensemble de circonstances exceptionnelles nécessitant une réaction hors norme[1]. Et cette réaction semble être appréciée par le grand public qui craignait le retrait du concours des autres pays si la Russie avait gardé sa place.

Les sanctions économiques imposées, l’exclusion des compétitions sportives et culturelles, le boycott des marques russes ou encore la suspension des activités commerciales des grandes entreprises ont isolé la Russie sur la scène internationale. Toutefois, la scène de l’Eurovision a été prête à accueillir le pays qui pendant ses seize ans de participation jusqu’à 2021, a déjà remporté le trophée deux fois.

La décision de l’Union européenne de radio-télévision (UER) d’exclure la Russie a éveillé un grand débat sur la question de neutralité politique du concours. Mais est-ce possible de rester séparé des événements actuels lorsque nous parlons de l’invasion d’un pays par un autre ?

L’Ukraine – la victoire qui suscite la polémique

Le représentant ukrainien à l’Eurovision a été choisi bien avant le 24 février 2022, le jour où les troupes russes sont entrées sur le territoire ukrainien. Et il devait s’appelait Alina Pash. La chanteuse de 29 ans a remporté l’émission de sélection nationale mais à la suite d’un scandale lié à son entrée en Crimée en 2015 après l’annexion de la péninsule par les Russes et n’ayant pas respecté la législation ukrainienne, elle décide de se retirer du concours. Par conséquent, le billet pour Turin a été attribué à Kalush Orchestra, arrivé deuxième dans la classification.

Le groupe de hip-hop a été formé en 2019 autour du leader Oleh Psiuk. En 2021 débute un projet parallèle appelé Kalush Orchestra avec des éléments de musique ukrainienne traditionnelle. Leur chanson « Stefania » est dédiée à la maman de Psiuk. Cependant, elle devient à la fois une sorte d’hymne de résistance chanté par les Ukrainiens dispersés dans le monde et engagés dans la guerre sur place. Stefania est désormais synonyme de la mère patrie : « Je trouverai toujours le chemin de la maison même si toutes les routes sont détruites ».

Dès le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, le groupe est énuméré parmi les favoris à gagner le concours. Certains fans ne cachent pas la déception et veulent que l’Ukraine chante en tant qu’un invité spécial mais ne participe pas dans la compétition officielle. C’est lié au fait qu’en cas de victoire, le pays ne pourrait pas assumer l’organisation du concours. D’autres encore se plaignent de la prédictibilité des résultats en faveur des Ukrainiens vu le contexte géopolitique actuel. Mais faut-il punir un pays et le priver de la participation au concours parce qu’il a été envahi par un autre ? 

L’amour et la haine

La victoire de l’Ukraine met en question l’aspect « non-politique » de l’Eurovision qui depuis sa création en 1956 est toujours soulevée par des millions de téléspectateurs lors de l’annonce des résultats.  

Il faut rappeler que l’Eurovision a été créée dans la période d’intégration européenne intensifiée dont le but était de renforcer les liens entre les pays du Vieux Continent ravagé il n’y a pas si longtemps par la guerre. L’unité, les valeurs communes et le manque de frontières entre les différentes nationalités ont été prônés afin de rapprocher les peuples européens. Mais ces derniers depuis toujours ont utilisé le concours comme une plateforme où ils pouvaient médiatiser les problèmes socio-politiques. La diplomatie culturelle visant la promotion à travers la culture de l’intérêt national souvent lié à des questions historiques est un élément inséparable de l’Eurovision.

Cela n’a rien de surprenant car l’Europe d’aujourd’hui est la somme de milliers d’années de transformation, d’échanges et de migration. Il semble que nous nous sommes déjà habitués aux célèbres 12 points attribués à la Grèce par le Chypre (et vice versa) ou, au contraire, les 0 points entre les membres du jury arméniens et azerbaïdjanais. Il arrive que certains pays renoncent à la participation lorsqu’un état ennemi est chargé de l’organisation du concours. L’Eurovision a vu naitre des protests songs qui prêchaient la paix dans le monde (Israël 2009), des chansons sur le mariage homosexuel (Finlande 2013), les réfugiés (France 2018), l’écologie (Ukraine 2010), plus souvent encore les changements socio-économiques importants (Pologne 2003, Ukraine 2005) ou les événements historiques (Arménie 2015, Ukraine 2016).

Noel Curran, directeur général de l’UER, a exprimé son désaccord quant à la prévalence de la politique dans le choix du vainqueur du concours : « Mais regardez les gagnants : nous avons eu le Portugal, les Pays-Bas et l’Italie ces dernières années. En quoi cela a-t-il été politique ? Bien qu’il existe une certaine dynamique politique, le résultat principal de l’événement n’est pas influencé par la politique autant que certains le pensent »[2].

La vague de solidarité et la réaction de l’UER montrées envers l’Ukraine sont, certes, très appréciées par la communauté internationale qui s’oppose à l’agression de la Russie. Cependant, nous pouvons observer certains doubles standards des organisateurs quant aux conflits militaires dans le monde. C’est le cas notamment de l’amende infligée au groupe islandais Hatari qui durant le concours en 2019 à Tel Aviv ont déployé des banderoles aux couleurs palestiniennes. Un autre exemple : la chanteuse arménienne Iveta Mukuchyan qui en 2016 a soulevé le drapeau du Haut-Karabagh en provoquant un scandale et risquant même l’exclusion de la compétition. Le concours a été pendant longtemps synonyme de kitsch, mais à part ce côté dont nous sommes tous fans (émerveillés par les déguisements spectaculaires, les chorégraphies fantaisistes et des notes pas toujours très justes), il reste avant tout la scène la plus importante d’Europe.

La diplomatie culturelle visant la promotion à travers la culture de l’intérêt national souvent lié à des questions historiques est un élément inséparable de l’Eurovision.

L’Eurovision – bien plus qu’un concours de chant

Et c’est sur cette scène que le représentant de l’Ukraine, pays dont l’existence est contestée par son voisin, a crié après sa performance : « S’il vous plait, aidez l’Ukraine et Marioupol ! Aidez Azovstal ! Maintenant ! ». Et au moment où il a prononcé ces paroles, les internautes ont commencé à chercher sur Google des informations sur Azovstal, le complexe industriel à l’est du pays, bastion de résistance des combattants ukrainiens. La sensibilisation sociale des millions des téléspectateurs sur la situation en Ukraine a été un aspect inestimable de la prestation du groupe.

Bien que, d’après le règlement officiel de l’Eurovision, il soit interdit de mentionner des propos politiques, l’UER a considéré « les commentaires de Kalush Orchestra et d’autres artistes exprimant leur soutien au peuple ukrainien [comme étant] de nature humanitaire plus que politique ». Tout au long du concours, les représentants des autres pays en compétition, entre autres le groupe islandais Systur ou la chanteuse lituanienne Monika Liu, soulignaient leur soutien à l’Ukraine en portant des symboles bleus et jaunes attachés à leurs vêtements.

Aucune édition du concours n’a éveillé autant d’émotions que celle terminée par la victoire de l’Ukraine il y a deux semaines. Elle a suscité même la réaction des représentants des plus grandes organisations internationales. Les comptes Twitter de la Commission européenne, Charles Michel ou Ursula von der Leyen ont vu apparaitre des félicitations à la suite de la victoire de Kalush Orchestra et des mots de solidarité et de soutien. C’est le cas également de Mircea Geoana, secrétaire général délégué de l’OTAN, pour qui la chanson « Stefania » démontre le courage de l’Ukraine. Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de Russie, sur son compte Telegram, a qualifié la performance de Kalush Orchestra « d’humiliation » en se moquant entre autres de leurs costumes sur scène et soulignant l’aspect politique du concours.

Le groupe ukrainien a prouvé par sa présence que la culture ukrainienne existait malgré les affirmations contraires de la part des autorités russes. Les artistes chantaient en langue ukrainienne, portaient des vêtements avec des éléments traditionnels et jouaient des instruments typiques pour le folklore ukrainien. Chaque membre du groupe manifestait l’identité nationale en incarnant la culture ukrainienne dans toute sa splendeur, comme s’ils voulaient faire passer le message : L’Ukraine ne fait pas partie de la Russie, nous sommes un état indépendant, nous avons notre propre culture, langue et histoire. 

Le succès de l’Ukraine dans les votes des téléspectateurs s’inscrit, certes, dans les idées qui ont été à la base de la création du concours : la solidarité européenne. Mais il ne faut pas oublier que c’est également la somme des bons résultats du pays dans le passé : 3ème en 2013, 6ème en 2014, 1ère en 2016, 5ème en 2021… C’est le seul pays qui depuis le début de sa participation au concours s’est toujours qualifié en finale. Les Ukrainiens savent comment promouvoir leur culture à l’international et à chaque fois le prouvent en envoyant des propositions très intéressantes, intrigantes même, combinant tradition et modernité. Les accusations de la politisation du concours ont éclipsé la qualité de la chanson « Stefania ». Est-ce qu’elle méritait la victoire ? À chacun de juger…

L’Eurovision, malgré ce que l’on aimerait croire, est un concours politique. Cela se manifeste dans les votes des pays scandinaves, baltes, des Balkans etc. C’est l’histoire qui les unit et cette unité est visible dans les points qu’ils s’attribuent chaque année. Mais en 2022, en plus de ces amitiés régionales, la solidarité européenne envers un peuple menacé a prévalu. Bien que l’Eurovision soit une soirée de mai passée entre amis dans une ambiance festive et dansante où le résultat final peut plaire ou pas, pour les millions d’Ukrainiens la première place à l’Eurovision est bien plus qu’une remise d’un trophée. C’est la preuve que l’Europe soutient leur intégralité territoriale et l’existence de leur culture.   

Le concours de l’Eurovision est avant tout une excellente possibilité de découvrir environ 40 artistes venant de tous les coins du monde représentant des langues et cultures différentes. À la fin il n’y a qu’un seul vainqueur qui ne plait pas toujours à tout le monde. Comme l’a pronostiqué avant le concours la journaliste italienne Marta Cagnola : « L’Ukraine va gagner et, comme ça, personne n’aura perdu »[3].

Avec la victoire de l’Ukraine, nous sommes tous des vainqueurs.


[1] https://www.euractiv.com/section/politics/news/politics-cannot-be-avoided-but-impact-on-contest-limited-says-eurovision-organiser/

[2] https://www.euractiv.com/section/politics/news/politics-cannot-be-avoided-but-impact-on-contest-limited-says-eurovision-organiser/

[3] https://twitter.com/fabrandanne/status/1525752425864474624?ref_src=twsrc%5Etfw

Eurovision 2022: Ukraine deserves to win in all fields

And this despite the discontent of part of the public. Voices emphasizing the political and moral aspect of the victory of the Ukrainian group Kalush Orchestra are numerous. The artists received the famous 12 points from viewers in 28 countries out of 40 on the evening of May 14 in the grand final of the 66th edition of the Eurovision Song Contest. “It was the refugees who voted,” say some. “So what? There are more important things than the final result,” say others.

One lost, two found

But let’s start from the beginning. After the victory of the rock band Måneskin in 2021, the famous contest followed every year by more than 200 million viewers took place on 10th, 12th and 14th of May 2022 in Turin, Italy. 40 countries competed, including Montenegro – two-year break due to lack of money and satisfactory results, and Armenia – after a year’s absence due to the political crisis, which reentered the competition.

The decision of the European Broadcasting Union (EBU) to exclude Russia has aroused a considerable debate on the issue of political neutrality of the contest. But is it possible to remain separate from current events when we talk about the invasion of one country by another? The EBU Director-General, Noel Curran, commented on the decision by pointing out that it was a set of exceptional circumstances that required an extraordinary reaction[1]. And this reaction seems to be appreciated by the public who feared the withdrawal from the competition of other countries if Russia had kept its place.

The economic sanctions imposed, the exclusion from sports and cultural competitions, the boycott of Russian brands or the suspension of commercial activities of major companies have isolated Russia on the international scene. However, the Eurovision stage was ready to welcome the country, which during its sixteen years of participation until 2021, has already won the trophy twice.

The decision of the European Broadcasting Union (EBU) to exclude Russia has aroused a considerable debate on the issue of political neutrality of the contest. But is it possible to remain separate from current events when we talk about the invasion of one country by another?

Ukraine – a controversial victory

The Ukrainian representative at Eurovision was chosen long before February 24, 2022, the day when Russian troops entered the territory of Ukraine. And its name was supposed to be Alina Pash. The 29-year-old singer won the national selection show, but following a scandal related to her entry into Crimea in 2015 after the annexation of the peninsula by the Russians and lack of compliance with Ukrainian law, she decided to withdraw from the contest. Therefore, the ticket to Turin was awarded to Kalush Orchestra, which came second in the classification.

The hip-hop group was formed in 2019 by its leader Oleh Psiuk. In 2021 began a side project called Kalush Orchestra with elements of traditional Ukrainian music. Their song “Stefania” is dedicated to Psiuk’s mom. However, at the same time, it becomes a kind of resistance anthem sung by Ukrainians spread around the world and engaged in the war at home. Stefania is now synonymous with the motherland: “I will always find the way home even if all the roads are destroyed.”

Since the beginning of the full-scale invasion of Ukraine, the group is listed among the favorites to win the contest. Some fans do not hide the disappointment and want Ukraine to sing as a special guest but not participate in the official competition. This is related to the fact that in case of victory, the country could not assume the organization of the contest. Others complain about the predictability of the results in favor of the Ukrainians, given the current geopolitical context. But should we punish a country and deprive it of participation in the competition because it has been invaded by another? 

Love and hate

The victory of Ukraine questions the “non-political” aspect of Eurovision which since its creation in 1956 has always been raised by millions of viewers during the results announcement. 

It should be reminded that Eurovision was created in the period of intensified European integration, the aim of which was to strengthen the ties between the countries of the Old Continent ravaged not so long ago by the war. Unity, common values, and lack of borders between the different nationalities were advocated to bring the European peoples closer together. But the latter have always used the competition as a platform where they could mediate socio-political problems. Cultural diplomacy aiming at promoting national interests through culture, often linked to historical issues, is an inseparable element of Eurovision.

This is not surprising, as today’s Europe is the sum of thousands of years of transformation, exchanges, and migration. It seems that we are already used to the famous 12 points awarded to Greece by Cyprus (and vice versa) or, on the contrary, the 0 points between Armenian and Azerbaijani jury members. It happens that some countries renounce to the participation when an enemy state is in charge of the organization of the contest. Eurovision has seen protest songs that preach world peace (Israel 2009), songs about same-sex marriage (Finland 2013), refugees (France 2018), ecology (Ukraine 2010), even more often important socio-economic changes (Poland 2003, Ukraine 2005) or historical events (Armenia 2015, Ukraine 2016).

Noel Curran, EBU Director-General, disagreed with the prevalence of politics in choosing the winner of the contest: “But look at the winners: we’ve had Portugal, the Netherlands, and Italy in recent years. How was that political? While there are some political dynamics, the event’s main outcome is not influenced by politics as much as some people think.[2]

The wave of solidarity and the reaction of the EBU shown towards Ukraine are, of course, very much appreciated by the international community that opposes Russia’s aggression. However, we can observe certain double standards of the organizers regarding military conflicts in the world. This is the case with the fine imposed on the Icelandic group Hatari, which during the contest in 2019 in Tel Aviv have unfurled banners with Palestinian colors. Another example is the Armenian singer Iveta Mukuchyan who in 2016 raised the flag of Nagorno-Karabakh causing a scandal and even risking exclusion from the competition.     

The contest has long been synonymous with kitsch, but apart from this side that we are all fans of (marvelling at the spectacular costumes, fancy choreography, and high notes “in tune”), it remains above all the most important stage in Europe.

Cultural diplomacy aiming at promoting national interests through culture, often linked to historical issues, is an inseparable element of Eurovision.

Eurovision – much more than a song contest

And it is on this stage that the representative of Ukraine, a country whose existence is denied by its neighbor, shouted after his performance: “Please, help Ukraine and Mariupol! Help Azovstal! Now!”. And the moment he pronounced these words, Internet users began to search for information on Google about Azovstal, the industrial complex in the east of the country, a bastion of resistance of Ukrainian fighters. The social awareness of millions of viewers about the situation in Ukraine was an invaluable aspect of the group’s performance.

Although the official Eurovision rules prohibit the mention of political statements, the EBU considered “the comments of the Kalush Orchestra and other artists expressing support for the Ukrainian people to be humanitarian rather than political in nature.” Throughout the contest, representatives of other competing countries, including Icelandic band Systur and Lithuanian singer Monika Liu, emphasized their support for Ukraine by wearing blue and yellow symbols attached to their clothes.

No edition of the contest has aroused as many emotions as the one ended with the victory of Ukraine two weeks ago. It even provoked the reaction of the representatives of the most important international organizations. The Twitter accounts of the European Commission, Charles Michel or Ursula von der Leyen have seen the appearance of congratulations following the victory of Kalush Orchestra and words of solidarity and support. This is also the case of Mircea Geoana, Deputy Secretary General of NATO, for whom the song “Stefania” demonstrates the bravery of Ukraine. Maria Zakharova, spokeswoman for the Russian Ministry of Foreign Affairs, on her Telegram account, called the performance of Kalush Orchestra a “humiliation” by mocking, among other things, their costumes on stage and emphasizing the political aspect of the contest.

The Ukrainian group proved by their presence that Ukrainian culture exists despite the claims to the contrary by Russian authorities. The artists sang in Ukrainian language, wore clothes with traditional elements and played typical instruments of Ukrainian folklore. Each member of the group manifested the national identity by embodying the Ukrainian culture in all its splendor, as if they wanted to convey the following message: Ukraine is not part of Russia, we are an independent state, we have our own culture, language, and history.

The success of Ukraine in the votes of the viewers is certainly in line with the ideas that were at the basis of the creation of the contest: European solidarity. But we should not forget that it is also the sum of the good results of the country in the past: 2nd in 2007, 3rd in 2013, 6th in 2014, 1st in 2016, 5th in 2021… It is the only country that since the beginning of its participation in the contest has always qualified for the final. Ukrainians know how to promote their culture internationally and each time they prove it by sending very interesting, even intriguing proposals, combining tradition and modernity. The accusations of politicization of the contest overshadowed the quality of the song “Stefania”. Did it deserve the victory? Let everyone judge for themselves.

Eurovision, despite what we would like to believe, is a political contest. This can be seen in the votes of the Scandinavian, Baltic, Balkan states etc. It is the common history that unites them, and this unity is visible in the points they award each year. But in 2022, in addition to these regional friendships, European solidarity with a threatened people prevailed. Although Eurovision is a May evening spent among friends in a festive and dancing atmosphere where the final result may or may not please, for millions of Ukrainians the first place at Eurovision is much more than a trophy. It is the proof that Europe supports their territorial integrity and the existence of their culture.

The Eurovision Song Contest is above all an excellent opportunity to discover about 40 artists from all over the world representing different languages and cultures. In the end there is only one winner who does not always please everyone. As the Italian journalist Marta Cagnola predicted before the contest: “Ukraine will win and, like that, nobody will have lost.[3]

With the victory of Ukraine, we are all winners. 


[1] https://www.euractiv.com/section/politics/news/politics-cannot-be-avoided-but-impact-on-contest-limited-says-eurovision-organiser/

[2] https://www.euractiv.com/section/politics/news/politics-cannot-be-avoided-but-impact-on-contest-limited-says-eurovision-organiser/

[3] https://twitter.com/fabrandanne/status/1525752425864474624?ref_src=twsrc%5Etfw

Published by LA REGIONISTO

La Regionisto focuses on regional economic, political or cultural issues. Its aim is to enable everyone to deepen their curiosity for various regions of Europe and beyond, in a classic or fun way. We welcome articles written in any language and from any approach!

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: